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Nous et les réseaux sociaux6 min de lecture

Je vous parlais il y a peu des réseaux sociaux et de leur importance dans la communication aujourd’hui. J’ai abordé leur utilisation par les particuliers : c’est sur ce point que je voudrais insister dans ce présent article. 

Dans un article publié il y a quelques temps, j’écrivais qu’internet et les nouveaux médias ont changé notre façon de communiquer. Nos pratiques ont beaucoup évolué ces dernières décennies. La vitesse à laquelle les télécommunications ont progressé a chamboulé nos modes de communication. Pour le meilleur et pour le pire.

Entretien du lien social & réduction des distances géographiques

En effet, qui n’a pas apprécié de pouvoir parler à ses proches grâce aux applications de visioconférence pendant le confinement ? Quelle joie de pouvoir communiquer plus rapidement avec des personnes que l’on ne voit pas, via mail ou messagerie instantanée. Quel bonheur de pouvoir partager avec les siens des photos de moments importants de nos vies : mariage, naissance, nouvelle maison, nouveau boulot…

Le développement d’internet et les technologies de la communication qui y sont liées ont permis de raccourcir les distances et de garder/renforcer le lien social avec nos proches. Quelque soit l’endroit où se trouve un ami ou un membre de la famille, il est devenu extrêmement facile d’avoir des nouvelles instantanées alors qu’auparavant il fallait soit attendre des jours voire semaines pour recevoir une lettre ou payer une facture de téléphone exorbitante.

Mais les nouveaux modes de communication permettent également de parler avec des inconnus : quelle richesse que de pouvoir parler avec des personnes vivant à l’autre bout de la planète, d’échanger sur des passions communes avec quelqu’un que nous n’avons jamais rencontré, voire se confier à un inconnu total pour avoir une nouvelle perspective sur nos vies. N’est-ce pas ? 

Harcèlement sous couvert d’anonymat

Sauf que l’anonymat ne fait pas ressortir que des bons côtés de l’homme, bien au contraire : regardons le déferlement de propos haineux et colérique présents sur la toile. Quelle tristesse de voir les gens utiliser un si bel outil pour de si mauvaises intentions…

En effet, ce sujet a fait couler beaucoup d’encre : caché derrière leur anonymat, les hommes se laissent aller plus facilement. Ce qui devrait être un bienfait, car une sauvegarde de la vie privée, se transforme en vice. 

L’anonymat devrait permettre non seulement de sauvegarder la vie privée, mais également de laisser la possibilité à des âmes timides de présenter leur créativité sans avoir peur des moqueries. L’anonymat devrait permettre un gain de confiance, un encouragement, et surtout une préservation de la vie privée. 

Au contraire, il permet à ce qu’il y a de plus vil en les hommes de ressortir. Tout le monde se croit alors permis de donner son avis le plus immonde sur n’importe quel sujet !

Pour résumer, nous avons d’un côté la possibilité incroyable de présenter des projets que nous n’aurions pas pu présenter via les canaux de communication considérés “classiques” grâce à des outils puissants, ce sous réserve ou non d’anonymat. De l’autre, nous avons la possibilité de présenter nos pensées les plus sombres à n’importe qui, relâcher la pression sur un pauvre inconnu, ce de façon impunie, et surtout complètement gratuite.

Certains pourraient argumenter que la possibilité de “se lâcher” en ligne permet d’éviter que les personnes “se lâchent” en vrai. Est-ce une bonne chose ? Si cela empêche les gens de commettre des crimes, on pourrait répondre “oui”. Mais n’oublions pas que derrière l’écran, de vraies personnes lisent les messages, et l’impact psychologique de ce qu’on appelle le “cyberbullying” est réel. Qui plus est, il faut espérer que le pourcentage de personnes qui seraient capables de commettre des crimes est limité…

Un sujet à creuser

Ce sujet peut encore faire l’objet de nombreuses études sociologiques, sans aucun doute. Et je n’apporterai pas de réponse définitive dans ce bref article. 

En revanche, je trouvais important de soulever ces questions : est-ce qu’à partir d’un certain moment la technologie et ce qu’elle implique (notamment l’anonymat) ne nous déshumanise-t-elle pas ? Est-ce qu’avoir conscience des conséquences de nos actes ne devrait pas être suffisant ? Comme pour beaucoup de choses, à mon avis, il est nécessaire de responsabiliser les utilisateurs, de les sensibiliser à ces questions. Beaucoup n’ont pas conscience de ce qu’ils font : si l’agresseur semble “virtuel”, la victime aussi ; lorsque l’on poste un commentaire sur internet, on ne voit pas le visage de la personne qui va le lire et donc l’impact que celui-ci peut avoir (ce qui peut engendrer un effet déculpabilisant). D’autres devraient simplement être punis pour leurs actes.

L’homme est une créature sociale et fera tout pour entretenir des liens avec ses semblables, de quelque façon que ce soit. Pour ma part, et je pense que vous serez d’accord, il semble nécessaire que ces liens soient entretenus avec un respect mutuel et une considération pour son prochain. 

Malheureusement, tout le monde n’en est pas capable, et je suis sûre qu’il ne vous faudra pas regarder loin pour vous en rendre compte…

Bonus : les théories du complot

Dans mon dernier article, j’abordais le sujet des algorithmes social media, qui nous confortent dans nos croyances. Un des autres travers des réseaux sociaux est le pouvoir qu’ils ont de propager de fausses informations : tout le monde – loin de là – ne vérifie pas la source d’une information lue sur internet. Et cela permet à des nouvelles erronées de circuler facilement. 

C’est ainsi qu’on a lu tout et son contraire concernant le coronavirus ces derniers mois. C’est aussi de cette façon que les théories du complot les plus absurdes prennent de l’ampleur sur la toile. Le problème des fausses informations ou théories du complot est bien plus grave qu’on pourrait le croire : ce ne sont pas quelques illuminés qui pensent que nous ne sommes jamais allés sur la Lune. Dans une période comme la nôtre, de pandémie, elles mettent en danger la vie de ceux qui y croient mais aussi d’autrui. Si les personnes pensent que le virus n’existe pas, ils ne prendront pas les précautions nécessaires, tomberont malades, et contamineront d’autres innocents.

Jon Oliver, dans son émission “Last Week Tonight”, aborde le sujet de façon très intéressante, et je vous invite à regarder la vidéo :

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