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Une fin d’année6 min de lecture

Il semblerait que cette année ait marqué – subtilement mais sûrement – un tournant à bien d’autres niveaux que la crise sanitaire. Beaucoup de sujets s’ancrent dans notre société pour devenir les normalités de demain. 

Condition féminine, évolution des conditions de travail, une vie politique bousculée, voici quelques sujets qui ont marqué les esprits et qui pourraient bien changer le fonctionnement de notre société. 

FEMMES, QUI SOMMES-NOUS ? 

Plus que jamais, les langues se délient sur la condition féminine : être une femme, c’est quoi ? Physiologiquement, physiquement, psychologiquement, sociétalement. Pendant longtemps, les différents hommes/femmes ont été tues : seule une domination masculine apparemment évidente marquait cette différence. 

Puis les mouvements féministes ont fait irruption pour demander plus d’égalité. Pourquoi les femmes gagneraient-elles moins ? Pourquoi certains métiers semblent réservés aux hommes ? Pourquoi le pouvoir semble-t-il être l’apanage de la gente masculine ? Pourquoi les femmes sont-elles traitées différemment ? Pourquoi doivent-elles rester à la maison s’occuper des tâches ménagères et des enfants ? Des questions qui ont eu le (très grand) mérite de faire évoluer quelque peu les mentalités – pas assez, certes, mais qui ont apporté des changements importants dont nous profitons aujourd’hui. Merci à elles. La route est encore longue mais un bon bout de chemin a été parcouru. 

Aujourd’hui, au-delà des égalités, on insiste sur la réalité d’une vie de femme, et sa différence avec celle d’un homme : pour arriver à plus de justice. Parce que plus qu’une question d’égalité, je trouve qu’il faut parler de justice dans le traitement des femmes et des hommes. Nous sommes différents, cela est un fait naturel. En revanche, beaucoup de portes sont fermées aux femmes, sous des prétextes fallacieux. Et beaucoup d’incompréhensions touchent les femmes. On excuse beaucoup de comportements masculins sous prétexte que les femmes sont ce qu’elles sont. 

Mais que sont-elles justement ? Les langues se délient sur le quotidien d’une femme, d’une mère, quelles réelles conséquences d’une grossesse, d’un accouchement ? Comment allier carrière et maternité ? Comment être soutenue durant des périodes difficiles comme celle de la maternité ? 

En effet, les voix qui se sont élevées concernant l’égalité homme-femme ont permis d’offrir aux femmes la possibilité d’avoir une carrière aujourd’hui. Conséquence positive, bien entendu. Le revers de la médaille : on leur demande quand même d’être des mamans exemplaires. Pire, les injonctions envers les mères sont plus nombreuses que jamais. Une pression énorme se fait sentir : avoir une carrière alors qu’on est mère ? Égoïste, on devrait s’occuper de son enfant. Travailler moins pour pouvoir s’occuper de son enfant ? Régressiste. Autant dire que la situation n’est pas simple. Alors, il serait temps de regarder les choses en face : oui, les femmes ont besoin de s’arrêter lorsqu’elles sont enceintes, et lors des premiers mois de leurs enfants. Non, cela ne devrait pas impacter leur désir de carrière, si elles en ont un. Non, ce n’est pas une mauvaise chose de s’arrêter de travailler pour s’occuper de ses enfants. 

Au-delà de la maternité, la vie de tous les jours peut être complexe pour certaines femmes : le sexisme au travail est loin d’avoir disparu, surtout dans certains milieux. Une femme doit toujours réfléchir à sa tenue, notamment lorsqu’elle se retrouve dans les rues tard le soir. Le regard masculin dicte l’attitude féminine : est-ce vraiment normal ? Je ne me lancerai pas ici dans les dernières études qui ont été faites sur les réactions de certains policiers lorsqu’une femme vient porter plainte pour agression sexuelle, partant souvent du principe qu’elle l’aurait un peu cherché…

POURQUOI TRAVAILLE-T-ON ?

Idem sur les conditions de travail. Les nouvelles générations ne veulent plus accepter une dictature au travail. Elles veulent être entendues et reconnues, responsabilisées. Le Covid a bousculé tout cela. 

Travailler de chez nous a fait ressurgir plein de questions : quid du présentiel à 100% ? Quid d’une femme/d’un homme qui travaille à la maison avec ses enfants ? Être parent signifie cumuler deux jobs : comment intégrer une compréhension au travail vis-à-vis de cela ? Les mentalités évoluent : maintenant que, dans la plupart des cas, les deux parents travaillent, un aménagement est nécessaire de la part des employeurs. La femme n’est plus dédiée à 100% à la maison, il faut donc que le poids soit réparti sur les deux parents, et donc les deux employeurs. 

Les gens ont également remis en question leurs priorités. Enfermés chez eux à ne pouvoir “rien” faire, ils ont eu le temps de réfléchir à ce qu’ils souhaitaient réellement dans la vie, et ce n’était pas travailler pour travailler. Mais travailler pour du sens, pour autre chose qu’un salaire. A l’inverse, beaucoup ont réalisé qu’une grande partie des métiers indispensables au bon fonctionnement de notre société sont mal rémunérés et peu valorisés. Une vague de démissions a vu le jour durant cette période, et elle continue. Les employeurs ont compris la nécessité de proposer aux gens des conditions de travail différentes, avec une meilleure compréhension des impératifs de la vie personnelle de chacun. Il faut lire entre les lignes de ces démissions les revendications : travailler oui, mais pas pour n’importe qui ou n’importe comment, et pas au détriment d’un épanouissement personnel. 

COVID ET POLITIQUE, UN MÉLANGE EXPLOSIF ?

Je ne m’attarderai pas sur un autre sujet : la vie politique.

Les politiciens ont fait face à une situation très complexe, inédite à notre époque : comment gérer une pandémie qui dure, avec les moyens actuels ? 

Nous avons l’avantage de vivre dans un monde où la médecine est bien évoluée, où les laboratoires pharmaceutiques ont de gros moyens, et où nous avons eu la possibilité d’avoir accès à un vaccin très rapidement.

Mais les populations ont eu beaucoup de questions quant à la gestion de la crise, et cela a créé un clivage dans la société. Contrairement à d’autres débats, celui-ci a scindé les populations en deux : pro-vaccin et anti-vaccin. C’est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre et qui fera le bonheur de nombreux sociologues pour les décennies à venir.

Quelles que soient nos convictions, une chose est sûre : cette année, tout comme 2020, marquera l’histoire. Nous nous lançons bientôt dans 2022, avec la surprise d’une crise qui paraît loin d’être finie. Pour beaucoup, nous parions sur quelques mois en 2020. Et voici que deux ans plus tard, les masques font toujours partie de nos quotidiens.

En attendant des jours plus cléments, réjouissons-nous de vivre dans des pays où l’accès à la santé et à l’information est si facile.

Prenez soin de vous et à l’année prochaine…

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